Ce soir, ici, sur ce podium,
il y aura un concert, celui de Bernard Lavilliers.
Être ici au centre d'une fête de la Communauté française,
d'une fête qui célèbre la langue française, je suppose
que cela vous fait plaisir, vous aimez la langue française?
"Oui, j'aime beaucoup, je la défends énormément. J'aime
d'autres langues aussi, c'est important. Mais je pense
que la langue française a une importance aussi. Et être
là au milieu de cette place, c'est assez extraordinaire.
Je passe depuis des années à la Grand Place. J'ai beaucoup
d'amis belges et la plupart de mes albums, je les ai faits
ici en Belgique. Et le fait de chanter avec Mousta Largo,
que j'ai découvert il y a un an à un festival, cela fait
très plaisir. Une chanson symbolique qui dit que la musique
est un cri qui vient de l'intérieur, on essayera de faire
cela ici sur la Grand Place."
Mousta Largo, c'est quelqu'un de chez nous. Qu'est-ce
que vous aimez dans son personnage?
"J'aime beaucoup sa simplicité et le fait qu'il a été
ouvrier comme moi à une certaine époque de sa vie nous
rapproche. Il connaît les vraies réalités des choses.
Quand on est artiste, les gens pensent que l'on est légèrement
comme cela, que l'on plane. Moi, je ne plane pas. Je me
souviens très bien de mes années passées en usine. Donc,
lui, il se souvient d'avoir été chauffeur de tram. Donc,
on peut chanter avec autant de convictions quand on a
été des hommes durs."
Il n'y a pas longtemps, vous vous êtes produits aux Francofolies
à Spa, vous vous produisez ici ce soir à Bruxelles en
plein air. Ce genre de spectacle comme cela en plein air,
où l'on n'est pas confiné dans une salle, c'est gai?
"C'est plus gai qu'une salle, cela dépend des salles.
Je viens de faire un concert symphonique au Théâtre des
Champs Elysée, qui est extrêmement rigoureux comme endroit.
Et aujourd'hui, cela me fait des vacances, parce que monter
sur une scène comme cela, il ne pleut pas, on a de la
chance, avec un public libre, ils sont là, ils veulent
de l'énergie, je vais leur en donner. Cela va vraiment
être une communion, c'est ce que j'attends. Et en plus,
cela me fait plaisir que la Belgique m'ait choisi."